Buenos Aires, sur des airs de Tango ! (Partie 1)

Danseurs de tango sur la Plaza Dorrego

Danseurs de tango sur la Plaza Dorrego

Une chaleureuse expérience humaine

Nous débarquons aux aurores à Buenos Aires. Cette ville qui nous évoque la musique, la danse, l’accent chantant des argentins, va devenir notre « chez nous » pour un mois.

Et le séjour commence chez Tristan… qui a le même nom de famille que moi. Non, ce n’est ni mon frère, ni mon cousin et encore moins un mari caché! Nous l’avons rencontré grâce au site internet Couchsurfing.org. Ce site permet de mettre en relation des voyageurs du monde en entier avec des personnes pouvant les accueillir pour quelques jours. Tristan, ce franco-argentin, a tout de suite répondu présent à notre demande.

Quelques heures à peine après être arrivés, nous voilà accueillis à bras ouverts par Tristan. Il nous met tout de suite à l’aise, nous fait visiter son appartement (un vrai musée d’oeuvres d’art!) et nous laisse sa chambre. Son hospitalité nous fait chaud au cœur !

On profite de nos premiers jours sur le sol argentin pour nous reposer, chercher un appartement pour le mois à venir et commencer à découvrir la ville.

Recoleta ou « le petit Paris »

À quelques pas du quartier où vit Tristan, se trouve le quartier Recoleta très huppé et souvent surnommé « Le petit Paris » en référence à son style architectural français.
Le dimanche, la plaza Francia, un parc au cœur de ce quartier, devient un marché artisanal très animé. Nous y avons déambulé parmi les artistes exposant leurs photos et peintures de la ville, les gens assis dans l’herbe et buvant du maté (thé local), les musiciens, les créateurs de bijoux artisanaux…

Recoleta, un quartier où il fait bon se promener !

Recoleta, un quartier où il fait bon se promener !

Quelques temps avant de partir en voyage, j’avais fait un dîner « Tour du monde » et découvert la recette des empanadas. Alors, je ne pouvais pas passer à côté de cette dégustation. Ces feuilletés à la viande ou au fromage se vendent à chaque coin de rue.

Le cimetière de Recoleta

Cimetière de Recoleta

   Ce qui nous a le plus marqué, c’est le cimetière ! C’est comme une « mini-ville » mais … fantôme. Certains mausolées sont de vraies œuvres d’art et d’autres sont un peu effrayants ou du moins intrigants.

Cimetière de  Recoleta

Cimetière de Recoleta

La recherche d’un appartement : un vrai casse-tête!

Avant même notre arrivée à Buenos Aires, nous savions que nous voulions louer un appartement pour le mois. Ce que nous ne savions pas, c’est que ça allait nous prendre un temps fou !
Grâce à internet, on a pu repérer des annonces qui rentraient dans nos critères : budget, quartier où on peut sortir danser et où les transports sont pratiques, et suffisamment d’espace pour s’entraîner au tango.
Ce qui s’est avéré compliqué, c’est de payer le loyer. En effet, les propriétaires veulent être payés en cash et en dollars américains. Or depuis le mois de juillet, les étrangers ne peuvent ni retirer des dollars aux distributeurs, ni échanger des pesos contre des dollars.

Une nouvelle crise grave en Argentine ?

Si je vous raconte les détails de cette expérience (pas des plus passionnantes, je vous l’accorde), c’est qu’elle nous a permis de comprendre la situation économique et sociale catastrophique qu’est en train de vivre le pays.

Pourquoi les propriétaires veulent être payés uniquement en dollars ? Eh bien, c’est parce qu’ils savent que le peso argentin ne cesse de perdre de sa valeur. Un exemple: depuis que nous sommes arrivés en Argentine, il y a deux semaines, le peso a perdu 10% de sa valeur. Autrement dit, si l’euro subissait les mêmes problèmes , une personne touchant le SMIC perdrait en un mois l’équivalent de 300 euros de son pouvoir d’achat. Résultat, ici, il y a des manifestations toutes les semaines.

Les manifestants ne plaisantent pas !

Les manifestants ne plaisantent pas !

Les médias, eux, évitent totalement le sujet… De même que le gouvernement qui nie l’augmentation des prix, et tente artificiellement de masquer l’augmentation des prix. C’est un problème pour les entreprises locales (comme celle qui gère le métro) car quand le gouvernement « gèle » les prix elles se retrouvent dans une situation financière intenable.

De même, ce qui se passe en province n’est pas rapporté dans les médias de la capitale. Dans certains villages de la province, les politiques procèdent à des expropriations pour redistribuer à leur guise certains terrains et obligent, violemment, des personnes à vendre leur maison.

Un matin, Sébastien s’est réveillé en me disant: « il faut qu’on suive les actualités pour partir à temps si ça dégénère. » Or ce ne sont pas les médias d’ici qui nous l’apprendront ! Ce sont les argentins que nous côtoyons et les recherches de Sébastien qui nous apprennent tout ça.

Notre petit coin de paradis

Revenons à notre voyage qui vous fera sûrement plus rêver !
Ne pouvant payer en dollars, il a fallu faire autrement que de passer par des agences. On a alors découvert l’excellent site internet airbnb.fr. Des propriétaires proposent de vous louer leur appartement ou simplement une chambre chez eux. Cela permet d’être directement en contact avec les propriétaires et de payer en ligne.
Pour nous, les ennuis n’étaient pas tout à fait finis à ce moment-là. Notre inscription nouvelle sur le site a nécessité des démarches et délais dont nous nous serions bien passés !

Au final, nous sommes bien installés et on a vite oublié nos déboires, si ce n’est la conclusion suivante : on va anticiper les réservations à venir.

Pour nous, ce fut un mal pour un bien. Ce qu’on a trouvé représente bien plus qu’un simple appartement à vivre. En effet, nous louons une chambre dans un bel appartement du quartier de San Telmo. Il y a une salle de danse et une belle terrasse sur les toits d’où je vous écris !

Moment de détente et d'écriture sur la terrasse

Moment de détente et d’écriture sur la terrasse

Mais surtout, nous vivons avec des gens formidables ! La propriétaire est une danseuse professionnelle, actuellement en Russie, qui laisse son appartement aux mains d’un couple d’une cinquantaine d’années. Fidelina vient d’Uruguay et Juan, son mari, est argentin. Ils ont un cœur en or ! Nous rencontrons également les voyageurs de passage.

Zouk lambada, salsa, bachata… et enfin Tango !

Pour notre séjour à Buenos Aires, on s’est fixé deux objectifs : se reposer et danser ! Certes, on visite de temps en temps la ville mais nous ne sommes pas très amateurs de vieilles pierres. Nous ce qu’on veut, c’est rencontrer des gens, vibrer, bouger, s’amuser. En un mot : danser ! Alors on s’en donne les moyens !

Nos premiers pas sur la piste n’ont pas été du tango … mais du Zouk lambada ! J’en ai été la première surprise. Sébastien, habituellement un puriste du Zouk, décide de sortir des sentiers battus. Le prof est fan de son nouvel élève, originaire de Guadeloupe d’où vient le Zouk! « Il vient nous inspecter! » plaisante une des danseuses. Sur des musiques qu’on connaît par cœur, on apprend à danser d’une façon très différente.

C’est très plaisant. Le rendez-vous est pris: tous les mardis, on ira se déhancher au Azucar Café!

Au même endroit, ils organisent des soirées salsa. Quelle bonne surprise ! Ça fait un moment qu’on n’a pas pratiqué, alors on s’en donne à cœur joie. Le vendredi soir, ça sera soirée salsa ! En plus de ça, Tristan et sa copine nous ont rejoint, non sans quelques hésitations, mais pour notre plus grand plaisir !

Et le tango dans tout ça ? Sans appartement, impossible de commencer. En effet, nous avons choisi l’option très chic des cours particuliers. Eh oui, on se fait plaisir ! Alors, à peine installés dans l’appartement, nous avions déjà rendez-vous dans la salle de danse avec nos deux professeurs. Et quels professeurs ! Frank et Jenny ont été 5èmes au championnat du monde de tango en 2010. Ils sont géniaux ! Pédagogues, rigoureux, souriants, joyeux, patients! Depuis, tous les jours, on a rendez-vous avec eux pour une heure d’entraînement.


La prochaine fois, on espère vous montrer une vidéo de nous !

Cuisine d’Argentine

Tout ça, ça creuse ! Vamos a comer !
Tous les jours, on mange du bœuf argentin et on ne s’en lasse pas. Paleta, Bife de Lomo, Bife de Chorizo… On tente différents morceaux chez notre boucher d’en face. On n’a pas encore cherché leur traduction française, ça risquerait de perdre son charme. Ici ils sont très friands de grillades, « asados », qu’on peut apprécier dans une parilla.

Parillada (grillade)

Notre première parillada (grillade)

Sébastien s’est laissé tenter par le vin avec sa parillada… Surprise ! Il fallait y ajouter des glaçons et de l’eau pétillante. Il a eu du mal à croire la serveuse. Sacrilège ! diraient certains.

"Vin pétillant"

Et voici comment se boit le vin en Argentine !

Avec Fidelina, j’ai cuisiné la « Torta de Acelga », une tarte aux blettes. Voilà une nouvelle recette que je vais garder précieusement.

Torta de acelga

Torta de acelga par Fidelina

Juan, ancien pizzaïolo, et Sébastien nous ont cuisiné trois superbes pizzas : la campecina, la salsera et la vegetariana.

La création de Sébastien, le nouveau pizzaïolo !

La création de Sébastien, le nouveau pizzaïolo !

Autre découverte: les alfajores. Lors d’une promenade dans notre quartier, Jen, notre colocataire canadienne, nous a fait découvrir ces petites pâtisseries : deux biscuits collés avec du ducle de leche, la confiture de lait locale. Ça se mange sans fin !

Alfajores  http://blogs.food24.com/pinkpolkadot/tag/alfajores/

Alfajores – Crédit photo

Prochain article: « Buenos Aires, si européenne et tellement latine »!
Je vous raconterai nos aventures en tandem dans la ville, nos soirées dans les milongas et la vie à l’appartement !

2 réflexions au sujet de « Buenos Aires, sur des airs de Tango ! (Partie 1) »

  1. Quel bonheur cet article pour les amoureux de la danse et de la Bonne cuisine!voud avez raison c est vraiment votre petit coin de paradis!je dis le vote parce que ça n’a pas l’air d’être le paradis pour les argentins.pas un mot de cette actualités dans les médias français!comme quoi ça sert aussi à ça de voyager, de se faire sa propre idée de l’actualité internationale.la réalité n est parfois pas celle que l’on nous présente!bon je lis la deuxième partie de l article!A tout de suite nos danseurs adorés!

  2. Coucou, contente d’avoir à nouveau de vos nouvelles. Nouvelle expérience et non des moindres : la danse. Bien ! je suis preneuse de votre future prestation, sur écran d’abord, puis pour de « vrai ». Je ne vais pas parler des choses qui fâchent mais les argentins n’en sont pas à leur première « crise », alors je n’ose pas imaginer ce qu’ils ressentent.
    Pour autant, vos hôtes ont l’air tellement accueillants …. Profitez bien de touts ces bons et superbes moments, et du soleil aussi, vous savez qu’ici il manque cruellement.Je vous embrasse tous les deux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *